Association Prekos                                        Paris, le 16 janvier 2008

 

 

 LA RELATION

 PARENTS D’ENFANTS PRECOCES – EQUIPE PEDAGOGIQUE

 

(résumé de l’intervention)                   Anne-Marie Mathey

                                     

Le cadre de cette réflexion est la question des relations famille – école.

Y a-t-il une spécificité dans cette relation lorsqu’il s’agit d’EIP ?

Notre expérience nous a montré que oui.

 

ü     Un passé chargé

-         des parents désemparés, désorientés

en souffrance devant leur enfant « pas comme les autres », qui ne comprennent pas  son comportement et  ses réactions

-         des parents qui n’ont plus grande confiance dans l’Ecole

car ils ont eu du mal à se faire entendre, se sont trouvés en opposition avec des enseignants, ont dû faire des démarches pour un saut de classe ou un changement d’école, ont vu parfois leur enfant maltraité, …

-         des parents fragilisés dans leur rôle de parents

à cause de l’image de leur enfant qu’on leur a renvoyée (« fou », « débile », « extra-terrestre ») et parce qu’un EIP perçoit très tôt les limites ou les failles de ses parents

-         des parents qui ont un certain savoir sur la précocité

qui peut empêcher de voir les vraies difficultés et peut faire écran lors d’une rencontre avec des enseignants

     

 

ü     Conséquences

-         une précocité qui surdétermine tout

jusqu’à brouiller l’objet même d’un rendez-vous banal entre des parents et un enseignant

-         des enseignants désarçonnés

qui « tombent dans le panneau »

-         des malentendus

car parents et enseignants ne sont pas sur la même longueur d’ondes

 

ü     Mettre en place une équipe pédagogique

-         place et rôle de chacun

à définir précisément pour que chacun puisse travailler sereinement ; nécessité de temps de concertation réguliers

-         cheminement des parents

parallèlement à leurs enfants ; eux aussi ont besoin d’être accompagnés

 

ü     Accompagner chaque parent

-         repérer la demande

souvent non formulée

-         écouter

en s’appuyant non sur un savoir mais sur une humanité partagée, qui seule peut conduire à une rencontre en vérité

-         être médiateur

entre parents et enfant lorsqu’il y a incompréhension, rupture de communication, manque de respect, …

 

ü     Faire du groupe de parents  un groupe-ressource

-         imposer un certain style : chaleureux et rigoureux

lors de réunions régulières

-         poser des règles

pas d’enfant aux réunions de parents, confidentialité, respect de l’espace élèves, respect des paroles des élèves, …

-         rester professionnel

c’est-à-dire à la bonne distance, même dans les moments amicaux (apéritifs)

-         susciter la réflexion

par les thèmes abordés lors des réunions mais tout autant par la façon d’être avec les parents, de conduire cet accompagnement

(« douce mais ferme »)

 

           C’est ainsi que d’année en année le groupe de parents peut devenir un

           groupe-ressource, où chacun sait qu’il peut s’exprimer en vérité et

           qu’il sera écouté.

 

 

Il y a nécessité de définir précisément ce que c’est qu’accompagner parents et élèves pour que tous trouvent leur place dans l’institution scolaire :

           -   accueillir chacun en tant qu’être singulier

-         tisser un lien sans dérobade en sachant qu’il n’est que provisoire

-         « avoir le moral » et une confiance absolue dans le devenir de chacun

 

Apprendre à accompagner pour être des « tuteurs de résilience »

(B. Cyrulnik)